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Pourquoi défendre un service public audiovisuel extérieur ?Tribune libre de Nathalie LopesCette tribune de Nathalie Lopes ouvre le débat sur un service public audiovisuel extérieur. Les propos engagent leur auteur et non AQIT. N'hésitez pas à réagir et à donner votre point de vue !Nathalie Lopes
Jeudi 11 Décembre 2008
La force de la France, au-delà de sa position au niveau économique, passe par sa possibilité d’exprimer sa vision politique, économique et culturelle. Or pour véhiculer cette pensée, il faut plus qu’un ministre ou des programmes d’échanges culturels ; il faut un pôle médiatique fort : télévision, radio, multimédia, adapté aux zones géographiques visées. Ils sont complémentaires et indissociables. Miser sur l’un d’entre eux au détriment des autres serait une erreur stratégique.
Il faut que l’Etat se donne les moyens d’avoir une télé forte La France doit se doter d’une télévision extérieure qui puisse rivaliser avec les grandes télévisions internationales. Le rapprochement de France 24 avec RFI, permettant de profiter de l’expertise éditoriale de la radio, représente un atout pour la télévision extérieure de la France. Chacun sait que les besoins financiers d’une télévision sont bien supérieurs à ceux d’une radio. Donc, un transfert de dotation budgétaire de RFI pour France 24 aurait pour conséquence d’affaiblir la radio et de faire une télévision de seconde zone. Par conséquent, pour avoir une télévision forte, l’Etat doit doter France 24 d’un budget à la mesure de ses ambitions. RFI est une valeur sûre L’objectif étant d’avoir un ensemble audiovisuel extérieur fort, l’Etat doit profiter des acquis de Radio France Internationale. RFI est déjà une référence ; un « label de confiance » au niveau du traitement de l’information ; un auditoire évalué à 56 millions d’auditeurs ; le plus grand réseau de FM dans le monde ; une diffusion 24h/24 en français mais aussi en 18 langues ; un réseau de correspondants enviable auquel France 24 fait déjà appel. Malgré tous les développements technologiques, la radio continue d’être le média le plus accessible et le plus répandu dans le monde. Pour preuve, même les téléphones mobiles sont aujourd’hui dotés de l’accès gratuit à la radio, contrairement à la télévision qui est payante. La radio reste toujours le média qui, pour un minimum de coût, touche le maximum de personnes. Le Multimédia, un média à part entière Le multimédia, nouveau moyen de diffusion appelé à se développer, est le meilleur trait d’union entre la télé et la radio. Toutefois, ce serait réducteur de le considérer seulement comme une la vitrine de ce bloc audiovisuel extérieur. Il doit être considéré comme un média complémentaire. Francophonie et francophilie L’audiovisuel extérieur de la France est son premier ambassadeur. Il permet une présence française même dans les contrées où il n’y a pas de représentation officielle de la France. Il est un outil indispensable au rayonnement de la France dans le monde. Il doit donc être perçu comme une priorité par l’Etat français. Si on venait à limiter le réseau de diffusion à des zones géostratégiques restreintes, cela équivaudrait à un affaiblissement du pouvoir d’influence de la France. Or, si la France veut continuer de jouer dans la cour des grands, elle ne peut faire l’économie d’un service public audiovisuel extérieur fort. Prenons l’exemple de l’Europe : si la France veut toucher les opinions publiques dans les différents pays européens, dans une Union européenne en plein essor, il lui faut un média pour le faire. Le multimédia est, dans ce cas précis, l’outil approprié. L’objectif doit être non pas seulement de toucher le public francophone mais d’atteindre un public plus large et d’en faire des francophiles. D’où l’importance des langues : à la radio, à la télé et sur le multimédia. Il faut adapter le type de support de diffusion en fonction des cibles. Cela permettra, pour un faible coût, de maintenir une présence française élargie, qui ne se limite pas aux zones d’influences traditionnelles de la France. Ce service public audiovisuel extérieur, qui transmet la vision française de l’actualité mondiale, s’inscrit dans la défense de la diversité culturelle dans un monde de plus en plus unipolaire. Nathalie Lopes, Réalisatrice radio Dans la même rubrique :
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