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Les idiots utiles de l’audimatLes scores d'audience fascinent certains journalistes. Exemples radiophoniques.Thomas Zlowodzki
Dimanche 4 Novembre 2007
Charlotte Le Grix de la Salle
Le veau d’or « audimat » fascine en premier lieu… les journalistes ! Ou plutôt, certains d’entre eux. Le problème c’est que ces « certains » sont ceux-là même… qui traitent de l’actualité des médias ! Ainsi, dans l’émission de JM Morandini sur Europe 1, sont chaque jour égrenés les chiffres de l’audience de la veille. Non pas seulement comme une information, mais un peu comme une remise des prix, le programme ayant réalisé un audimat médiocre - catégorie fort subjective au demeurant car la « performance » dépend de ce que le journaliste « attendait » du programme- étant immanquablement qualifié de « décevant » ou de « contre-performance ».
Là où le bât blesse, c’est qu’il n’est jamais - ou rarement - fait état de la « qualité » de ces programmes, et encore moins de la mission spécifique du service public. Si un programme ne trouve qu’un million de téléspectateurs (pour France2), mais qu’il s’agit (par exemple) d’un documentaire d’histoire ou d’investigation, doit-on considérer qu’avoir informé un million de personnes est une chose inutile ? Certes, on peut regretter qu’il n’ait pas pu renforcer l’acuité intellectuelle et politique de davantage de citoyens, et réfléchir aux moyens d’améliorer son « attractivité » sans en dénaturer la qualité « informative ». Mais M. Morandini n’est point seul dans cette attitude. La radio RTL utilise dans ses matinales la même cérémonie des audiences de la veille. Et Canal + n’est pas en reste, en la personne de la pétulante Charlotte Le Grix de la Salle, qui présente le magasine « + Clair »*, sorte de « Magasine des médias », le samedi midi sur Canal +. Elle recevait samedi 4 novembre M. Éric Stemmelen, Directeur des programmes de France 2. Ses questions portaient uniquement sur les audiences des programmes, sans jamais sembler imaginer que l’audience pouvait ne pas être l’objectif numéro 1. M. Stemmelen se défendait en prônant une politique de qualité, qui serait payante sur le long terme. Même si en revanche pour certains programmes de divertissement il était capable de retirer rapidement de l’antenne ceux qui ne trouvaient pas leur public. Le soir même, « Faisons un rêve », la pièce de Sacha Guitry qui marquait le retour du théâtre en direct en prime time sur une grande chaîne généraliste (France 2) faisait un carton et réunissait 5,4 millions de téléspectateurs, soit 29 % de l’audience ce soir là. Sans donner de blanc-seing à la Direction de France 2, car il ne suffit pas de déclarer faire de la qualité pour en faire effectivement, nous ne pouvons que saluer cette volonté de se détacher de l’audimat. La programmation d’une pièce de théâtre en prime time, même s’il ne s’agit pas d’information, est tout de même un acte fort qui mérite d’être salué. Nous sommes également heureux qu’elle ait trouvé son public… Affaire à suivre… Dans la même rubrique :
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